L'erreur des insomniaques
Certains
vont donc passer 12 heures allongés dans leur lit mais ne vont pas dormir plus
de 4 heures, ce qui aggrave souvent leur insomnie.
Au
contraire, il ne faut se coucher que lorsqu’on commence à somnoler.
L’organisme
interprète alors le fait de se mettre au lit comme un signal de sommeil et va
provoquer l’endormissement.
L'une des
thérapies les plus efficaces contre l'insomnie est d'associer la chambre à
coucher exclusivement avec le sommeil. La lecture, la télévision, le travail
doivent être réservés à d’autres pièces.
Veillez
aussi à ce que la chambre soit bien sombre et fraîche (entre 15 et 20° maximum,
quitte à maintenir les extrémités du corps bien au chaud avec des chaussettes,
un bonnet de nuit ou une bouillotte).
En cas
d’insomnie de plus de 20 minutes, vous pouvez quitter votre lit et n’y revenir
que lorsque la somnolence se fait sentir.
D’autres
méthodes originales, les thérapies de relaxation, ont démontré leur grande
efficacité pour soulager les troubles du sommeil.
Elles sont
basées sur le principe selon lequel les patients souffrant d'insomnie affichent
des niveaux élevés d'éveil physiologique et cognitif tout au long de la journée
et de la nuit.
La
tomographie par émission de positrons, une méthode d’imagerie médicale, a
montré que le cerveau de ces patients utilise plus de glucose, ce qui est le
signe d’une vigilance anormalement élevée.
Les
thérapies relaxantes visent à désactiver cette hyper-vigilance. La plupart (cf.
tableau) peuvent être auto-administrées par les patients après un conseil
thérapeutique initial. Elles doivent être utilisées plusieurs semaines au
moins.
Technique
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Commentaire
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Training autogène
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Il s’agit d’une méthode de relaxation profonde proche de l’autohypnose.
La méthode consiste à se détendre en invoquant des sensations de pesanteur et
de chaleur dans différentes parties du corps. Les exercices vont de 5 à
30 minutes par jour. Peut être initié très rapidement.
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Biofeedback
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Il s’agit d’un ensemble de techniques dont l’objectif est de donner au
patient le contrôle sur son propre corps, via des signaux physiologiques, de
façon à prévenir ou traiter les conséquences du stress ou des problèmes de
santé. Nécessite un apprentissage avec des appareils.
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Hypnose ericksonnienne
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Il s’agit d’un état de profonde relaxation, pendant lequel le patient va
pouvoir s’exprimer librement et laisser l’hypnothérapeuthe accéder à
l’inconscient pour initier un changement et l’amener à trouver lui-même les
solutions à ses problèmes. Nécessite un thérapeute ou
l’apprentissage de l’autohypnose.
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Visualisation
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Technique de visualisation en mettant l’accent sur des images agréables
ou neutres. Reproduire une image mentalement, visualiser un paysage paisible…
demande de l’entraînement.
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Méditation concentrative
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Fixer son attention sur un objet, un mot, un son, une prière… Demande beaucoup d’entraînement.
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Méditation
de pleine conscience
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Cette forme de méditation, appelée mindfulness, consiste à
s’observer et observer de façon délibérée, au moment voulu et sans porter de
jugement, le moment présent. Nécessite un apprentissage.
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Cohérence cardiaque
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On respire et inspire 6 fois par minute, pendant 5 minutes,
3 fois par jour. Peut être pratiquée avec un
minimum d’entraînement.
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Relaxation musculaire progressive
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L’attention est centrée sur un groupe musculaire, qui est mis en tension
au signal du thérapeute. On maintient la concentration pendant
5 secondes, puis on lâche 15 à 30 secondes. On se fixe sur la
sensation de relaxation avant de passer à un autre groupe musculaire. La
progression va généralement des pieds aux muscles faciaux. Demande un peu
d’entraînement.
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Les
avez-vous essayées ? En avez-vous seulement entendu parler ?
Et la
phytothérapie (médecine par les plantes), l’avez-vous considérée pour vous
aider à retrouver le sommeil ?
Car elle
aussi propose des solutions à tester avant d’en venir aux somnifères.
Trois infusions pour
mieux dormir
L’aubépine pour détendre votre corps
Déjà
utilisée dans la Grèce antique, l’aubépine est aujourd’hui recommandée partout
en Allemagne. Et ce n’est pas un hasard : elle contient des flavonoïdes et des
procyanidines qui agissent comme antioxydants et régularisent le rythme
cardiaque.
L’aubépine
vous aide à vous détendre en soulageant votre cœur – surtout si vous faites de
l’hypertension. Votre rythme cardiaque diminue, votre respiration ralentit.
Votre corps est alors au repos, ce qui favorise l’endormissement.
Le tilleul comme sédatif
Depuis
toujours, les fleurs de tilleul sont consommées en infusion contre la fatigue
nerveuse et l’insomnie. Autrefois, on faisait prendre aux enfants surexcités un
bain d’eau infusée au tilleul pour les calmer avant de dormir.
Le tilleul
agit, tout comme l’aubépine, sur le système cardiaque : en empêchant
l’hypercoagulation sanguine et le rétrécissement des artères.
La valériane améliore la
qualité du sommeil
La
valériane est recherchée pour ses racines. De nombreuses études ont démontré
l’activité de la valériane sur le système nerveux central : elle est relaxante,
sédative et spasmolytique – c’est-à-dire qu’elle agit contre les spasmes
musculaires.
Par ailleurs,
des enregistrements des ondes cérébrales pendant le sommeil ont confirmé que la
valériane améliorait la structure du sommeil.
Si vous
cherchez d’autres plantes efficaces
contre l’insomnie, je vous recommande d’essayer la camomille, le pavot de Californie, le griffonia,
le
houblon
ou l’
eschscholtzia.
Enfin, il
serait dommage de ne pas parler de certaines huiles essentielles (HE),
qui agissent pour créer une ambiance olfactive propice à la détente, harmoniser
la sphère nerveuse et favoriser le sommeil : lavande vraie, mandarine, orange douce,
ravintsara, marjolaine, camomille noble, etc.
L’effet
apaisant, sédatif et anxiolytique de la lavande a été particulièrement démontré
par les études [1] [2]. Il est possible de l’utiliser de nombreuses façons :
Dans le bain : prendre
un bain pendant 20 minutes est relaxant et soulage des tensions dues au stress.
Pour ne pas retarder l’endormissement, l’eau doit être à une température située
entre 35 et 38°. Les huiles essentielles ne se mélangeant pas directement dans
l’eau, utilisez une base de savon liquide ou un dispersant dans lequel vous
diluerez 15 à 20 gouttes d’huile essentielle. Mélangez bien avant de verser
dans l’eau du bain.
Dans un diffuseur électrique : diffusez
dans la chambre 15 à 30 minutes avant le coucher un mélange à parts égales d’HE
de mandarine et de lavande.
En application : au moment
du coucher, appliquez 3 gouttes d’HE de ravintsara pure sur la face interne des
poignets et respirez profondément la fragrance plusieurs fois de suite. Vous
pouvez ensuite ajouter 5 gouttes sur des points stratégiques du corps comme le
plexus solaire ou la plante des pieds.
Vos
muscles se relâchent, votre vigilance se relâche, le rythme de votre
respiration se ralentit… Le sommeil vous gagne et vous emmène vers ce voyage de
quelques heures dont votre corps a tant besoin. Sa deuxième vie.
Le bon sommeil commence
avec lui
Vous allez
peut-être sourire, mais un bon sommeil commence… avec un bon matelas.
Pour bien
comprendre, rappelez-vous qu’il y a sous votre peau un réseau de petits
vaisseaux sanguins, les capillaires.
Lorsque
vous vous allongez sur une partie du corps pendant un long moment, le poids
réduit le flux sanguin à travers les capillaires, ce qui prive la peau
d'oxygène et de nutriments importants.
Cela
conduit les cellules nerveuses et les capteurs de la douleur dans la peau à
envoyer un message à votre cerveau pour vous faire changer de position.
En vous
tournant, vous restaurez le flux sanguin dans la région qui était compressée,
mais vous interrompez brièvement votre sommeil.
C’est
pourquoi un bon matelas est un matelas qui, en réduisant les points de
pression, diminue d’autant le nombre de fois où vous aurez à changer de
position pendant votre sommeil.
Dormir enfin sans
somnifères
Si vous
prenez régulièrement des somnifères pour vous endormir, connaissez-vous ce
chiffre?
Une étude
publiée dans le British Medical Journal Open a montré qu’à partir de 18 prises
de médicaments hypnotiques (somnifères) par an, le risque de décès des
personnes est multiplié… par 3,5 [3] !
18 prises
par an, soit à peine plus d’une… par mois ! Et un risque de mourir multiplié
par 3,5!
C’est
effarant.
Et c’est
dire à quel point la prise de somnifères doit être un traitement exceptionnel,
qui ne doit surtout pas se prolonger dans le temps.
C’est dire
aussi qu’avant d’accepter la pilule qu’on risque de vous faire avaler dès la
première petite insomnie, il faut avoir exploré les nombreux remèdes naturels,
efficaces et sans danger, pour retrouver le sommeil.
Etes-vous inscrit à
l’école du sommeil ?
Pour
beaucoup de spécialistes, l’insomnie devrait trouver des réponses de premier
recours, avant tout traitement médicamenteux, dans les thérapies cognitives et
comportementales (TCC) dispensées par des professionnels de la psychologie [4].
Ces
séances ressemblent un peu à des « leçons de sommeil », qui peuvent se dérouler
seul ou en groupe, généralement en 4 à 8 séances.
Dit comme
ça, on peut penser que c’est étrange : qui a besoin d’une leçon pour s’endormir
?
Ces
thérapies donnent pourtant des résultats positifs chez 2 patients sur 3, en
moins d’un mois, avec une réduction de 50% du temps d’endormissement [5].
D’abord
parce qu’elles les aident à redonner de l’importance au sommeil et à ne pas le
considérer comme du temps mort ou perdu. C’est aussi l’occasion de repérer les
mauvaises habitudes des patients insomniaques et les mauvaises stratégies mises
en place pour retrouver le sommeil.
Le sommeil
est en effet une période d’activité au même titre que l’éveil. Ce qui change,
c’est que vos perceptions sensorielles sont réduites. Mais votre corps poursuit
son activité, sous une autre forme : il s’efforce d’accomplir plusieurs tâches
pour récupérer de la journée, assurer son entretien, et se préparer à la
journée suivante.
C’est une
piste à envisager si aucune des méthodes décrites dans cette lettre ne
fonctionne.
Santé !

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